chezmonveto

Nos conseils

Imprimer

picto La coccidiose du veau et de l’agneau


La coccidiose est une affection du tube digestif provoquée par des parasites microscopiques. Présente chez de nombreuses espèces animales, elle touche les jeunes ruminants avec des conséquences importantes sur les résultats d’élevage.


Quel est l’agent responsable de la coccidiose ?

 

La coccidiose est provoquée par des protozoaires (des parasites unicellulaires : qui ne sont composés que d’une seule cellule) du genre Eimeria. Il existe plus de 1000 espèces différentes d’Eimeria, présentes dans le monde entier, et plus ou moins dangereuses pour les espèces animales qu’elles infestent. « Coccidiose » est le nom général donné aux maladies qu’elles provoquent.

La coccidiose touche les jeunes ruminants d’élevage avec des conséquences importantes (jusqu’à 20% de mortalité chez le veau), mais aussi les volailles, pigeons, lapins et différentes espèces sauvages. Pour les bovins, les plus dangereuses sont Eimeria bovis et Eimeria zuernii, pour les ovins ce sont  Eimeria crandallis et Eimeria ovinoidalis.


Comment la maladie circule-t-elle dans l’élevage ?

 

Toutes les espèces d’Eimeria sont « monoxènes » (il n’y a qu’un seul type d’hôte : l’agneau ou le veau). L’infestation débute par ingestion d’eau ou d’aliment contaminés par des oocystes sporulés (des œufs très résistants).

 

Après une phase de multiplication dans l’intestin du veau ou de l’agneau, les coccidies pénètrent dans les cellules de l’intestin où elles se multiplient. Ensuite, la cellule éclate libérant des oocystes dans les selles puis dans le milieu extérieur.

A l’extérieur, les oocystes résistent sous forme sporulée ou non pendant une année entre -30°C et +40°C. Même dans les grands froids de Finlande ont été identifiés des oocystes ayant passé l’hiver dans des prairies et encore contaminants.

 

La période prépatente (entre l’ingestion et l’excrétion de nouveaux oocystes) est de 12 à 20 jours selon l’espèce et la coccidie responsable. Ainsi, si un agneau ou un veau s’infecte avec quelques milliers d’oocystes dans sa première semaine de vie, il libérera plusieurs milliards d’oocystes dans l’environnement deux à trois semaines plus tard.


Quels sont les symptômes de la maladie ?

 

En France l’infestation des jeunes survient peu après la naissance, elle est souvent mixte (plusieurs espèces de coccidies), la maladie concerne l’ensemble d’un lot même si les symptômes ne sont exprimés que par quelques individus.

 

La principale période à risque de déclenchement d’un épisode de coccidiose se situe au moment du sevrage (expression clinique). D’autres facteurs favorisants existent tels que la concentration des animaux, la coexistence de plusieurs classes d’âge de statuts immunitaires différents, une mauvaise hygiène des locaux (selles, humidité et mauvaise aération), et - en règle générale - tous les facteurs de stress (allotement, mise à l’herbe, etc.).

 

Les symptômes vont d’une altération de la croissance et une dégradation du poil jusqu’à des diarrhées hémorragiques voire la mort de l’animal. Tous ces signes s’expliquent par la destruction des cellules intestinales qui entraine pertes liquidiennes, protéiques et sanguines, des surinfections bactériennes et la diminution de l’absorption des nutriments (les aliments ne sont plus absorbés et ne profitent plus au jeune animal).

 

Quels que soient par ailleurs le niveau d’infestation et le degré d’expression de symptômes, la maladie provoque toujours au minimum un retard de croissance des animaux. Quand il s'agit du seul signe de la maladie, on parle de coccidiose subclinique. C’est une forme très fréquente qui pénalise énormément les résultats d’élevage.


Comment s’effectue le diagnostic de la maladie ?

 

Le diagnostic est confirmé par l’examen parasitologique d’échantillons de selles.

Pour une détection précoce de la maladie subclinique, un échantillon de 5 ou 10 animaux peut être prélevé quelques semaines après l’allotement.

L’examen des selles au laboratoire par un microscope permet d’identifier les oocystes (œufs du parasite).


Comment contrôler la coccidiose ?

 

La lutte contre la coccidiose passe d’abord par la prévention :

  • Hygiène et ambiance des bâtiments d’élevage : lutte contre l’humidité, entretien des litières, utilisation de superphosphates, aération, nettoyage des mangeoires et zones souillées par des excréments,
  • Isolement strict des malades, désinfection ou nettoyage à l’eau bouillante des locaux souillés,
  • Rotation de pâturages,
  • Réduction des facteurs de stress,
  • Gestion raisonnée de l’allotement : éviter de mélanger des animaux de générations différentes avec des statuts immunitaires différents.

 

En cas d’épisode de maladie, un traitement anticoccidien doit être administré, non seulement aux malades, mais également aux animaux qui n’ont pas encore manifesté de symptômes, afin de couper la circulation du parasite. Plusieurs types de molécules sont disponibles.

Au traitement anticoccidien sera associé un traitement symptomatique des animaux malades : pansements digestifs, réhydratants oraux ou intraveineux, vitamines, antispasmodiques, traitement antibiotique contre les surinfections.

 

Dans les élevages à risque, un traitement préventif des lots, avant l’expression clinique, peut être envisagé : on parle de métaphylaxie.