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picto L'ehrlichiose bovine


L’ehrlichiose est une maladie bactérienne « émergente », transmise par des tiques, responsable d’un syndrome grippal estival, de chute de  production laitière voire d’avortement chez les bovins. Un premier cas  a été identifié en France en 1991, suivi d’un  deuxième cas en 1998, dans des  troupeaux laitiers des Côtes d'Armor. Aujourd’hui, plus de 700 foyers d’ehrlichiose ont été confirmés, dans 74 départements français.


Ixodes ricinus

A quoi la maladie est-elle due et comment se transmet-elle ?

La bactérie responsable de l’ehrlichiose, «  Anaplasma phagocytophila », vit et se multiplie dans certains globules blancs. Elle a été trouvée chez les ruminants domestiques et sauvages, les chiens, les chevaux mais aussi chez de nombreux rongeurs sauvages. L'homme peut également être contaminé par cette bactérie : c’est une zoonose.

Cette bactérie a besoin de la tique Ixodes ricinus pour se transmettre à l'animal. La maladie n'évolue donc que dans les régions où cette tique est présente et lors de sa période d'activités, du printemps à  l'automne. C'est pourquoi il s'agit essentiellement d'une pathologie des bovins en pâture.


Qu’observe-t-on dans un troupeau infecté ?

Généralement, la maladie passe quasiment inaperçue mais si les animaux sont contaminés pour la première fois au moment d’un stress physiologique (vêlage, pic de lactation, maladie intercurrente, acidose…), les effets peuvent être catastrophiques. Cependant, les mortalités restent rares.

Le tableau clinique le plus typique est celui d'un pic de fièvre observé chez un ou plusieurs bovins, quelques jours après un changement de pâture ou lors de l'introduction dans le troupeau d'animaux non immunisés et donc sensibles à la maladie.

La maladie dure en moyenne 10 à 15 jours. Les animaux  présentent alors une fièvre importante, jusqu'à 41°C et relativement persistante (d'où le nom de « fièvre des pâtures »). Des difficultés respiratoires s’installent souvent, tel un essoufflement suivi d’une toux sèche puis grasse, d’allure contagieuse.

Des avortements  peuvent survenir dans le dernier tiers de gestation.

En élevage laitier, la chute de lactation, souvent brutale, durable et  complète, constitue l’un des premiers signes repérés.

Dans certains cas, le bas des membres enfle (d’où l’autre nom de « maladie des gros pâturons »). C'est une lésion très évocatrice d'ehrlichiose mais elle n'est présente que chez un bovin sur dix et dans un troupeau sur dix.

Après la phase aiguë, l'animal malade traversera une convalescence très longue.

 

Attention cependant, la localisation des bactéries à l’intérieur des globules blancs entraine une baisse des défenses immunitaires et l’apparition d’autres maladies (dont certaines aussi transmises par les tiques) qui compliquent le diagnostic dans 2 cas sur 3 !


Comment confirmer le diagnostic de la maladie ?

Le diagnostic clinique seul ne peut pas suffire car chute de lactation, fièvre et pneumonie ne sont pas des signes exclusifs de l’ehrlichiose. L’ehrlichiose ressemble à la bronchite vermineuse mais elle est plus précoce et n’est pas guérie par les endectocides. On peut parfois observer des tiques accrochées aux animaux.

 

Il faut recourir au laboratoire vétérinaire pour confirmer la suspicion avec l’examen d’un prélèvement sanguin (frottis) dans les jours qui suivent l’apparition des symptômes. Il est également possible de détecter des anticorps qui apparaissent 3 semaines après le début des symptômes et persistent 4 mois (idéalement, des prises de sang sur 5 bovins sont nécessaires). La technique PCR permet de diagnostiquer le passage de la bactérie dans un troupeau mais doit être interprétée avec précaution.


Quel traitement utiliser ?

L'usage d'antibiotiques spécifiques à forte dose (Tétracyclines) sera prescrit par le vétérinaire. Malgré la mise en place d'un traitement adéquat, les rechutes sur un même individu et d'une saison à l'autre, sont cependant possibles.


Les tiques infestent les bovins en pâture

Quels sont les mesures de prévention ?

Il faut garder à l'esprit que l'ehrlichiose est une maladie liée à la nature de l’environnement des bovins : sans pâtures susceptibles d’héberger des tiques, pas de risque d’ehrlichiose.

 

La meilleure prévention passe donc essentiellement par la lutte contre les tiques. Ces dernières sont accrochées aux petits arbustes ou aux herbes hautes, habituellement près du sol. Elles attendent  qu'un animal (ou un homme) passe à proximité pour s'agripper à sa peau et se nourrir de son sang. L’inoculation des bactéries ne se produit qu’au bout de 24 heures.

Il est possible de procéder à un débroussaillage raisonné des pâtures ou poser une clôture en retrait  des bords de haies et  de bois, en fauchant l’espace entre les deux,  pour éloigner les animaux des zones à risque.

 

L'utilisation d'antiparasitaires externes (acaricides) peut être envisagée avec le vétérinaire.

 

Dans les zones où sévit l’ehrlichiose, il peut être intéressant de favoriser le contact des génisses de 1ère année avec l’agent pathogène pour qu’une immunité naturelle s’installe avant la gestation.


L’EHRLICHIOSE EST UNE ZOONOSE !

Comme beaucoup de maladies communes à l’homme et aux animaux, l’ehrlichiose a d’abord été étudiée chez ces derniers avant d’être identifiée chez l’homme.

Chez l’homme, les signes sont aussi ceux d’un syndrome grippal estival avec fièvre. Aux Etats-Unis, 2 200 cas humains ont été répertoriés depuis 1994, avec un taux de mortalité de 3%. En France, seuls quelques cas aigus ont été identifiés.

Attention, d’autres maladies peuvent être transmises à l’homme par les piqûres des tiques : Borréliose de Lyme, Babésioses.