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picto Bien gérer les mammites cliniques en lactation


Les mammites cliniques en lactation, qui marquent pourtant une forme d’échec de  la prévention, demeurent une réalité dans les élevages. Si généralement, un objectif de 30% de mammites par an (16 traitements pour un troupeau de 50 vaches) est considéré comme raisonnable, les pertes économiques qu’elles occasionnent ne doivent pas être sous-estimées. Vigilance et réflexion, tels sont les maîtres mots d’une bonne gestion de ce problème.


Seule une analyse précise des données d'élevage permet de définir une stratégie de lutte

En face d'une mammite clinique, quel traitement choisir ?


La première certitude, c'est que le traitement doit être efficace contre les bactéries responsables de la mammite. Ce qui signifie que le ou les produits utilisés doivent être actifs rapidement et pendant suffisamment longtemps pour assurer une guérison bactériologique (la destruction complète du germe).

 

Malheureusement, il n'existe pas de méthodes simples et générales pour identifier rapidement le germe responsable d'une mammite, sur la simple observation des symptômes de l'animal. Chaque élevage est un cas particulier et toutes les données disponibles doivent être prises en compte pour élaborer une stratégie de lutte adaptée : guérison des mammites antérieures, résultats des traitements au tarissement, évolution des comptages cellulaires, etc. Ce diagnostic permet d'émettre une suspicion bactériologique, qui demande quelquefois à être complétée par des analyses de laboratoire.

 

Il est alors possible d'établir un protocole de traitement par voie intra-mammaire, associé ou non à un traitement par voie injectable.

 

En pratique, l'ordonnance de votre vétérinaire est un outil précieux. Il pourra également élaborer chaque année avec vous un référentiel de traitement personnalisé, adapté à votre situation d'élevage. Ce document vous permettra par la suite de faire les bons choix de protocoles contre les mammites que vous observerez et tiendra aussi compte des pathologies récidivantes qui nécessitent des traitements de deuxième intention.


Evolution des chances de guérison d'une mammite en lactation

Quel est le meilleur moment pour commencer à traiter une mammite ?


Le traitement doit débuter le plus rapidement possible ! Reporter son intervention de 12 heures revient à amputer de 20% les chances de guérison du quartier (vois schéma ci-contre).

L'importance de la détection des mammites est donc capitale. Toute modification de l'aspect du lait, même très discrète, est le signe d'une mammite clinique. Observer la mamelle en début de traite (gonflement, rougeur, chaleur...), recueillir et examiner les premiers jets à la lumière dans un bol à fond noir,  palper la mamelle en fin de traite, constituent autant de gestes indispensables.


Est-il possible d'écourter le traitement si les symptômes disparaissent rapidement ?


Même si les symptômes disparaissent très vite (la guérison clinique), le protocole de traitement doit obligatoirement être suivi jusqu'à son terme ! Les référentiels de traitements et les ordonnances de votre vétérinaires sont là pour vous y aider.

En effet, obtenir une guérison clinique ne signifie pas que les bactéries ont été complètement détruites (la guérison bactériologique). Permettre aux plus résistantes de persister dans la mamelle, c'est s'exposer aux risques de récidive ou d'installation d'une mammite sub-clinique, à l'origine de nouvelles contaminations en cours de traite. C'est aussi favoriser l'apparition de résistances aux antibiotiques, susceptibles de rendre inefficaces les traitements ultérieurs.


Le CMT peut-être utilisé pour évaluer la guérison d'une mammite

Comment correctement évaluer la réussite d'un traitement ?

 

L'évaluation d'un traitement s'effectue en trois temps :

  • Une amélioration des symptômes doit être constatée au plus tard 48 heures après le début du traitement: c'est le signe que la bactérie est sensible à l'antibiotique utilisé. Si ce n'est pas le cas, le protocole choisi n'est pas le bon; il doit être entièrement revu.
  • La guérison clinique ne se juge qu'au 5ème jour après la mise en place du traitement. Sans guérison clinique à J+5, il est nécessaire d'adapter le traitement (prolongation avec un produit de la même famille, association d'un traitement injectable). Consultez votre vétérinaire.
  • La guérison bactériologique sera confirmée plus tard, en contrôlant les comptages cellulaires individuels, mais en cas d'installation d'une mammite sub-clinique ils peuvent être très fluctuants et plusieurs prélèvements sont nécessaires pour garantir cette guérison.

 

Pour plus de certitude, il est possible de réaliser une analyse bactériologique (au laboratoire) ou d'utiliser un California Mastitis Test (CMT), environ 20 jours après le traitement. Ce dernier, d'utilisation facile, n'est toutefois pas si simple à interpréter pour des comptages inférieurs à 1 million de cellules. Il vous permettra, s'il est positif, de suspecter la non-guérison. S'il est négatif, gardez-vous de conclure trop vite à la guérison !


Evaluation de l'efficacité du traitement d'une mammite en lactation

Comment réagir en cas de récidive ?

 

Il y a récidive si une mammite touche le même quartier dans un délai de 3 semaines. Au delà , il est délicat de distinguer une récidive d'une nouvelle contamination. En revanche, dans tous les cas, l'infection d'un autre quartier est considérée comme une nouvelle mammite !

Face à une récidive, le protocole de traitement doit être adapté (prolongation, association d'un traitement injectable...). Là aussi, l'avis de votre vétérinaire sera précieux.

En cas de mammite multi-récidivante, la présence de bactéries adhérentes ou enkystées est probable. Ce sont des germes peu sensibles aux traitements, qui représentent une source de contamination sérieuse. Si vous avez respecté les protocoles de traitement, après de deux échecs, il est raisonnable de réformer le quartier atteint ou l'animal.


En matière de gestion des mammites cliniques, le rôle de votre vétérinaire va donc bien au-delà de la seule délivrance des seringues intramammaires. L'établissement de protocoles de soins parfaitement adaptés à votre situation, la mise en place d'un référentiel de traitements dans votre élevage, le conseil qu'il saura vous apporter en cas d'échec ou de récidive, sont autant d'atouts pour éviter des pertes économiques et des gaspillages (surconsommation d'antibiotiques) souvent sous-évalués, mais rarement insignifiants.