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picto Fièvre Q – Soyons vigilants !


La fièvre Q, maladie dont la présence en France est certainement sous-estimée touche tous les ruminants et peut affecter l’homme, particulièrement s’il travaille à leur contact. Eleveurs et vétérinaires sont donc très directement concernés et doivent rester très vigilants !


Par quoi la fièvre Q est-elle provoquée ?


La fièvre Q est une zoonose (maladie transmissible à l'homme), infectieuse, provoquée par une bactérie du groupe des rickettsies : Coxellia burnettii. Cette bactérie présente la particularité de se multiplier à l'intérieur des cellules de son hôte ce qui rend plus difficile l'action des défenses immunitaires.

Les réservoirs potentiels de cette bactérie sont très nombreux (animaux familier, sauvages, oiseaux, homme, etc...) et elle résiste très bien dans l'environnement (plusieurs mois à 15 ou 20°C !), y compris après une désinfection classique.


Comment s'effectue la contamination ?


La contamination s'effectue essentiellement par voie aérienne (en « respirant » la bactérie). Les produits laitiers infectés non pasteurisés peuvent aussi constituer une source de contamination pour l'homme. Enfin, même si son existence a été prouvée, l'importance de la contamination par les tiques n'est pas connue avec précision.


Quels sont les symptômes de la maladie ?


Chez les ruminants, elle peut provoquer des avortements en fin de gestation, des métrites et des infertilités, mais également des pneumonies, des conjonctivites et des arthrites. Actuellement, ce sont souvent des problèmes de reproduction dans le troupeau, qui finissent par conduire à un diagnostic tardif de fièvre Q. Une meilleure vigilance à propos des avortements permettrait certainement de la dépister plus tôt dans les élevages. N'hésitez-pas à les signaler à votre vétérinaire !

 

Chez l'homme, la fièvre Q ne provoque le plus souvent aucun symptômes ou un simple syndrome grippal. Toutefois, dans certains cas plus graves elle peut entraîner des problèmes respiratoires, cardiaques, hépatiques ou des avortements à répétition chez la femme.


La mise-bas est un moment privilégié pour la diffusion de la fièvre Q dans l'élevage.

A quel moment les animaux infectés transmettent-ils la maladie ?


Les ruminants infectés excrètent principalement des germes dans le placenta et le mucus vaginal, lors des mises-bas. Il en va de même en cas d'avortement. Raison de plus pour être particulièrement vigilant ! La bactérie peut également être excrétée dans les fécès (crottes et bouses) et dans le lait (il faut donc être très attentif en cas de fabrication de produits au lait cru). L'excrétion dans le lait est variable mais particulièrement longue chez la chèvre et chez la vache infectées. La Coxiella peut être trouvée dans le lait de vache tout au long de la vie de l'animal, à certaines périodes des différentes lactations, et particulièrement pendant les 2 ans suivant sa contamination.


Comment confirme-t-on la présence de fièvre Q dans un élevage ?


Deux types d'analyses sont disponibles : la sérologie (recherche des anticorps fabriqués par la vache) et la PCR (recherche de l'ADN de la bactérie). La sérologie est moins coûteuse mais ne détecte pas tous les animaux qui excrètent la maladie. La PCR est plus précise sur les excréteurs, mais beaucoup plus coûteuse !

En pratique, en cas d'avortement, il est conseillé d'effectuer une analyse PCR dans le placenta ou les sécrétions vaginales ainsi qu'une analyse sérologique sur une dizaine de sérums provenant d'animaux du troupeau.

Si le diagnostic doit être réalisé en dehors des mises-bas ou des avortements, une PCR sur le lait de tank ou sur mélange de laits individuels est possible. Sur les ovins, la PCR sur les bouses est préférable.


Une prévention globale de la circulation de la fièvre Q doit être mise en place sur l'exploitation

Quelles-sont les mesures de lutte à appliquer dans un troupeau infecté ?


La lutte contre cette zoonose passe d'abord par les mesures habituelles de prévention sanitaire : précautions à l'introduction, destruction des rongeurs, élimination des délivrances par l'équarrissage, déclaration des avortements, désinfection des fumiers et des lisiers. La coxiella étant très résistante, en cas de suspicion ou d'infection confirmée, la désinfection des fumiers et lisiers doit être réalisée à l'aide de chaux vive ou de cyanamide calcique à 0,6%. Le bâchage des fumières est également conseillé.

 

Les animaux infectés font habituellement l'objet d'un traitement antibiotique, qui réduit notamment le taux d'excrétion de la bactérie et donc le risque de contamination pour les autres animaux et pour l'homme. Toutefois, l'efficacité de ces traitements reste limitée, s'ils ne sont pas associés à un protocole de vaccination du troupeau.

 

Une nouvelle génération de vaccins « en phase I » (préparés en utilisant une nouvelle technique de multiplication des coxielles), destinés aux bovins, ovins et caprins, est arrivée sur le marché depuis quelques années. Selon les premières études, ce type de vaccin protège contre les avortements, et réduit considérablement l'excrétion de la bactérie dans l'utérus et dans le lait. Un espoir donc, de faire efficacement reculer la maladie.


La fièvre Q ne fait pas l'objet en France de mesures de prophylaxie collective, pourtant ce n'est pas une zoonose anodine et elle fait régulièrement parler d'elle. Une meilleure vigilance dans les élevages s'impose, d'autant que les mesures de lutte qui peuvent être proposées semblent désormais plus efficaces. N'hésitez-donc pas à faire part du moindre doute à votre vétérinaire et à lui signaler les avortements.