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picto Diarrhées des veaux - Mieux vaut prévenir que guérir !


La demande de suivi sanitaire des jeunes veaux ne doit pas se cantonner à des interventions curatives ponctuelles. Il s’agit désormais de construire dans chaque exploitation, une démarche de prévention efficace contre les diarrhées néonatales. Pour la mettre en place, votre vétérinaire est votre meilleur allié.


Par quoi sont provoquées les diarrhées des veaux ?


La diarrhée des veaux n'est pas, en soit, une maladie, mais un syndrome (groupe de symptômes) qui peut être provoqué par de nombreux microbes pathogènes différents :

  • des parasites : cryptosporidies, coccidies, etc.
  • des virus : coronavirus, rotavirus, BVD, etc .
  • des bactéries : colibacilles, salmonelles, clostridies, etc.

 

Ces germes - les colibacilles en particulier -  se divisent en multiples sous-groupes, distincts par leurs modes d'actions (destruction ou non de la paroi intestinale, hémorragies, septicémie) et par le type de molécules qui leur permettent d'adhérer à la paroi intestinale (F5, F41, F17, CS31A...). Autant d'éléments susceptibles de faire varier l'expression de la diarrhée (mucoïde, hémorragique...) et sa gravité.


Les veaux sont-ils tous égaux face aux diarrhées néonatales ?


De nombreux facteurs influencent le niveau de protection immunitaire des jeunes veaux. Au tout premier rang : la qualité du colostrum et de la façon dont il est distribué à la naissance . Assurer une bonne préparation de la mère (alimentaire, vaccinale et antiparasitaire), puis un bon suivi des buvées, a une importance capitale pour l'immunité générale du veau, et pour son immunité anti-diarrhéique en particulier.

De mauvaises conditions de vêlage, la présence de pathologies concomitantes (boiteries, omphalites...) peuvent aussi amenuiser le potentiel immunitaire des veaux.

Enfin, pour les cheptels engraisseurs, l'origine des animaux entrants a une grande importance. Les conditions et les germes auxquels ils ont été confrontés (et leurs mères) avant leur arrivée peuvent en-effet être très différents de ceux rencontrés chez l'engraisseur. La capacité d'adaptation immunitaire du veau à son nouvel environnement peut en être affectée.


Le niveau de risque est-il le même dans tous les élevages ?


Tout plan de prévention des diarrhées néonatales passe obligatoirement par une étude précise des conditions de vie des veaux. Technique d'élevage, qualité et hygiène des bâtiments, qualité de l'eau, valeur de la ration, sont autant de facteurs de risque à apprécier et maîtriser. Ils influencent la flore de l'élevage (types de microbes présents dans l'exploitation), le niveau de résistance des veaux et les possibilités de contamination. Certains germes sont très résistants dans l'environnement (plusieurs semaines pour les colibacilles, plusieurs mois pour les virus et les salmonelles !), il faut en tenir compte et mettre en place des mesures de désinfection appropriées.


Variation du risque en fonction de l'âge du veau

Le risque varie-t-il avec l'âge du veau ?


Certains microbes sont dit « néonataux ». Ils provoquent des diarrhées chez les veaux de moins d'une semaine. C'est tout particulièrement le cas des « ETEC » (colibacilles entérotoxinogènes). A ce stade, les animaux ne sont protégés que par les anticorps du colostrum.

Plus tard, tous les veaux connaissent une très importante période à risque, appelée « trou immunitaire », approximativement située entre 1 et 2 semaines d'âge. Pendant cet intervalle, l'immunité temporaire acquise via le colostrum a progressivement baissé et n'est plus suffisante pour protéger le veau, alors que sa propre immunité n'est pas encore complètement efficace (voir figure ci-contre). Le veau est donc très exposé.

 

Un colostrum riche et bien distribué, fournit plus d'anticorps et une protection plus durable. Il permet donc de retarder l'apparition du trou immunitaire et de raccourcir sa durée.


Le suivi régulier d'un plan "veaux" est un facteur de sa réussite !

Comment construire un plan de prévention ?


Construire un plan de prévention adapté passe par plusieurs étapes :

  • Préciser le diagnostic: Une recherche microbienne, au laboratoire, sur les diarrhées d'au moins 2 ou 3 veaux en début de maladie (si possible avant traitement pour ne gêner l'analyse) est un outil précieux pour le vétérinaire. Ces résultats, étayés par ses observations cliniques et par sa connaissance de votre élevage, lui permettront d'émettre des hypothèses précises concernant les germes responsables des diarrhées des veaux de votre cheptel.
  • Définir les mesures à prendre, en les hiérarchisant en fonction de vos besoins et de vos possibilités:
  • Les mesures d'hygiène, de conduite d'élevage (isolement des malades) et de désinfection, sont toujours les premières à prendre, en tenant compte des microbes identifiés (choix du désinfectant), et de vos marges de manœuvre.
  • La vaccination des mères augmente la teneur en anticorps du colostrum, mais permet aussi de s'assurer, autant que possible, que celui-ci fournira au veau une protection efficace contre la flore pathogène présente sur votre exploitation. Le choix du vaccin devra donc être raisonné, de sorte que son profil soit adapté à votre élevage
  • L'organisation de la distribution du colostrum est un pivot essentiel de la prévention contre toutes les maladies néonatales. En cas de nécessité, il ne faudra pas hésiter à constituer une banque de colostrum ou à utiliser un produit colostro-remplaceur, enrichi en anticorps.
  • Organiser un suivi du plan : ce qui implique au minimum deux rencontres construites avec votre vétérinaire. Face à un problème récurrent qui perdure parfois depuis plusieurs années, quantifier les résultats (diminution de l'intensité et du nombre des diarrhées) dans une démarche à long terme, est indispensable.

 

Ramené à la valeur commerciale d'un veau, le coût d'un plan de prévention bien raisonné contre les diarrhées néonatales est toujours plus intéressant que celui des interventions curatives lourdes à mettre en place en cas de catastrophe. N'hésitez plus !