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picto La Cétose de la vache laitière


La cétose de la vache laitière est une affection métabolique apparaissant classiquement au cours des premières semaines de lactation.


Quelles sont les causes de la cétose ?


Cette pathologie est liée à un déficit énergétique d'autant plus exagéré que la production lactée atteint rapidement son pic et que, parallèlement,  le niveau de consommation de la vache laitière atteint lentement son maximum.

Pour couvrir cette insuffisance d'énergie disponible, la vache en début de lactation va puiser dans ses graisses de réserve et c'est la transformation dans le foie de ces graisses en énergie qui va libérer en même temps des corps cétoniques facilement détectables dans le lait et l'urine.

Secondairement, les fonctions hépatiques (du foie) se trouvent saturées et l'accumulation des lipides (corps gras) entraîne un état de stéatose hépatique.


Un ensilage mal conservé, sous-consommé, peut-être le facteur déclenchant d'une cétose

Différentes erreurs de conduite alimentaire peuvent induire un déficit énergétique après vêlage :

  • Sur-engraissement pendant le tarissement avec surcharge graisseuse du foie. La vache laitière n'aura pas un appétit suffisant pour consommer toute sa ration après vêlage.
  • Absence de transition alimentaire au vêlage. Le rumen n'est pas adapté (papilles non développées et flore microbienne inadaptée au futur régime) et la ration distribuée sera très mal utilisée (avec en plus un risque d'acidose si excès de concentrés).
  • Niveau de la ration de production trop bas (fourrages pauvres en énergie) ou mauvaise évaluation de la production moyenne par vache.
  • Déséquilibre alimentaire avec, en particulier, insuffisance de protéines dégradables dans le rumen (cas de certaines rations avec excès de tourteau protégé) et plus globalement tout déséquilibre entraînant une dégradation de la flore intestinale.
  • Aliments inappétents. Fourrages mal conservés et en particulier certains ensilages.

Quels sont les symptômes cliniques de la cétose ?


La forme « clinique » (avec des symptômes visibles)  concerne le plus souvent une vache relativement en bon état au vêlage, avec un très bon démarrage en lactation.

 Les signes dominants sont : 

  • Des troubles du comportement alimentaire avec baisse d'appétit intéressant d'abord les concentrés puis l'ensilage.
  • Une chute de la production lactée pouvant atteindre 25% et plus.
  • Une altération de l'état général avec abattement, constipation et surtout amaigrissement rapide. La température rectale reste normale et une odeur de "pomme de reinette" peut être décelée près des naseaux de l'animal.
  • Parfois des risques nerveux peuvent apparaître : excitation, incoordination, réflexe de léchage et hyper salivation.

L'évolution se fait généralement vers la guérison mais avec une perte économique importante : production lactée fortement diminuée et amaigrissement important de l'animal.


La cétose sub-clinique affecte les performances laitières du troupeau

Comment se caractérise la forme sub-clinique de la cétose ?


Il existe également une forme « subclinique » de la cétose : sans symptôme décelable. Elle entraîne, au niveau d'un troupeau, une production lactée diminuée et généralement des problèmes d'infertilité.


Une analyse de situation précoce peut éviter de lourdes pertes économiques

Comment traiter un problème de cétose ?

 

La prévention alimentaire apparaît évidemment déterminante et consiste à corriger les erreurs précédemment citées.

 

 La prévention médicale repose sur un apport de spécialités diététiques visant :

  • à limiter la stéatose hépatique (facteurs lipotropes, sorbitol, niacine)
  • à apporter des agents glucoformateurs (propylène-glycol, propionate)
  • à stimuler la flore microbienne (acides aminés, vitamines B, cobalt)

Cette prévention médicale pourra se faire de façon systématique sur les vaches à risque autour du vêlage et vers le pic de lactation.

 

Lorsque les symptômes sont bien déclarés, le traitement fera appel, en plus des adjuvants alimentaires :

  • à des perfusions de glucose hypertonique rétablissant rapidement la glycémie,
  • à l'utilisation de glucocorticoïdes stimulant la néoglucogénèse (mécanisme interne de régulation de la glycémie)

 

La cétose clinique n'intéresse le plus souvent que quelques vaches dans un troupeau ayant fait l'objet d'erreurs de conduite alimentaire.

Par contre, la cétose subclinique, plus difficilement détectable, peut entraîner des pertes économiques importantes au sein d'un troupeau laitier, tant sur le plan de la production que de la reproduction.

Des tests précoces associés à une analyse de la ration peuvent permettre à votre vétérinaire d'envisager une prophylaxie efficace.